Daniel Balavoine est un auteur-compositeur-interprète français, né à Alençon (Orne) le 5 février 1952 et décédé le 14 janvier 1986 à Gourma-Rharous (Mali) dans un accident d'hélicoptère en marge du Paris-Dakar.
Dans les années 1970, il participe en tant que choriste à la comédie musicale La Révolution française, puis aux concerts de Patrick Juvet. Il a joué starmania
Ce dernier lui offre sa chance en le laissant enregistrer une chanson sur un de ses albums. Cela lui permet d'être remarqué en tant qu'auteur -compositeur-interprète par Léo Missir, directeur artistique chez Barclay avec lequel il noue un lien très fort.
Ses deux premiers albums De vous à elle en passant par moi (1975) et Les aventures de Simon et Gunther... (1977) ne rencontrent pas le succès.
Il enregistre alors plusieurs albums, et c'est le troisième, intitulé Le Chanteur (1978), sur lequel figure la chanson éponyme, qui le fait connaitre au grand public.
Ebloui par la voix perçante et tragique de Daniel qu'il découvre lors son interprétation télévisée de "Lady Marlène" (1977), Michel Berger reconnait immédiatement en lui le surdoué qu'il lui faut pour jouer le rôle de "Johnny Rockfort" dans l'opéra-rock qu'il projette de monter avec Luc Plamondon, Starmania (1978). Cette participation accroit davantage sa notoriété, avec une image un peu voyou "Quand on arrive en ville", et pleine de tendresse avec "SOS d'un terrien en détresse", chanson très technique que Michel Berger a spécialement composée pour Daniel, alors le seul à pouvoir l'interpréter. C'est également le début d'une grande amitié pour le trio Daniel Balavoine - Michel Berger - France Gall.
Balavoine enchaîne les tubes et son talent créatif, sa voix haut perchée et son sens de la mélodie s'imposent et le classent vite sur le même plan que des grands noms comme Michel Polnareff ou Michel Berger dans le monde de la chanson. Il s'impose aussi juste avant les années Mitterrand en porte parole de la jeunesse.
Durant la première moitié des années 80, d'un point de vue purement musical, Daniel Balavoine s'impose rapidement comme le major incontesté de la musique Electropop ou Synthpop en France. Élevant le niveau de la musique française avec des morceaux comme "Vivre ou survivre" (1982), "Dieu que c'est beau" (1984), "L'Aziza", "Sauver l'Amour", "Aimer est plus fort que d'être aimé", et "Tous les cris, les SOS" (1985), sa musique n'a rien à envier à des groupes anglosaxons comme Eurythmics, Queen ou Depeche Mode. (Il émet d'ailleurs des critiques au début de la décennie envers une majorité d'artistes français 'établis', qu'il accuse alors de faire de la musique de "Music Hall", pas assez en rapport avec les attentes de la jeunesse, qui tend à se tourner davantage vers la musique anglosaxonne.)
Pionnier dans le genre, il est avec Jean Michel Jarre le premier à acquérir en France à grands frais le sampleur Fairlight en 1984, sorte de synthétiseur assisté par ordinateur dont l'usage façonnera toute la musique des années 80. Sa musique se définit par une mélodie recherchée, des percussions travaillées, et un usage prédominant de sons synthétiques soutenus sur les instruments traditionnels (synthèses proches du violon et de l'orgue), le tout mêlé à des effets synthétiques. S'ajoute à cela son univers rock; genre qu'il affectionne particulièrement. (voix écorchée, usage habituel de la guitare électrique...)
Ainsi, il combine tous les atouts de l'auteur-compositeur accompli qui font de lui un monstre audiovisuel incontournable des années 80 au visage attachant de "poupon", au même titre par exemple que Coluche. Ses atouts étant : une musique populaire d'avant-garde donc, mais aussi des textes châtiés et engagés, qui dépeignent astucieusement diverses facettes de la société (célébrité, divorce, enfance, argent et réussite sociale, travail, guerres, drogue, torture, politique, amour, tolérance et racisme, drames humanitaires, vie et mort, etc.), enfin et surtout une voix unique, un timbre inimitable, d'aucuns diront de "cristal", puissante , un tantinet écorchée, et en mesure de couvrir pratiquement trois octaves. Il entre très tardivement en voix de tête, capable de soutenir des notes très aigües avec néanmoins suffisamment de coffre pour qu'un néophyte distingue clairement dans sa voix fine, un timbre masculin. Sa voix pourrait être de loin comparée à celle de Freddie Mercury, et se démarque clairement de celle de chanteurs comme Pascal Obispo, Michel Polnareff ou Sting, qui s'ils font souvent usage de leur voix de tête, se situent dans des fréquences où Daniel Balavoine aurait simplement mis à contribution sa voix pleine (normale).
Nombreux artistes ont interprété ultérieurement des chansons de son répertoire dont Liane Foly, Léna Ka, Johnny Hallyday, Pascal Obispo, Patrick Fiori, Florent Pagny, Grégory Lemarchal, ainsi que la chanteuse Marie Denise Pelletier qui a connu, au Québec, un énorme succès avec son efficace reprise de la chanson "Tous les cris, les SOS" en 1987.
Porte-parole de la jeunesse [modifier]
Daniel Balavoine est surtout un passionné. De musique tout d'abord, mais un passionné de la vie plus largement. Engagé, il met sa notoriété au service de causes qui l'émeuvent : la politique, la dénonciation de la guerre, de la famine, du racisme, la défense de la liberté et de la vie. Très prisé des Talk-shows, il n'hésite pas à donner son opinion sur tout, parfois avec véhémence, persuadé d'avoir pour mission de faire évoluer les mentalités. Cela lui valut de déclencher quelques polémiques, pour le plus grand bonheur des téléspectateurs.
On le remarque la première fois lors d'un passage télévisé en 1980, où, se posant en porte-parole de la jeunesse, il s'oppose à François Mitterrand et aux hommes politiques en général, trop éloignés des soucis des jeunes.
Ses textes sont engagés et dénoncent astucieusement et finement les aberrations de l'humanité que sont l'injustice et la guerre (notamment les injustices liées à la guerre froide) ainsi que tout ce qui est lié à ces deux notions. Ses albums à thème Loin des yeux de l'occident (1983) et Sauver l'Amour (1985) en sont une illustration.
On le retrouve également dans une prise de position célèbre en octobre 1983, contre la guerre au Liban, la guerre en général et contre les personnes (notamment parmi les ancien-combattants de la guerre mondiale) qui la soutiennent, lors de l'émission de télévision sept sur sept. Le matin même, avait eu lieu l'attentat du Drakkar (23 octobre 1983), au cours duquel 58 soldats français avaient trouvé la mort. Le frère de Daniel était alors au Liban, ce qui explique peut-être sa réaction « épidermique ». Il s'excusera d'ailleurs en public, sur le plateau de Champs Élysées (Antenne 2) le 5 novembre 1983.
Le Paris Dakar [modifier]
Une autre passion, celle des courses automobiles, le pousse à s'engager à partir de janvier 1983 dans le rallye Paris-Dakar.
Il participe ainsi à 3 rallyes en tant que concurrent (83,84,85) et parvient à décrocher une honorable 30ème place à l'arrivée du Dakar 85.
Au cours de cette course, il découvre l'Afrique, continent auquel il devient très attaché. Il participe d'ailleurs au concert français pour l'Éthiopie donné à la Courneuve le 13 octobre 1985.
Il ne s'arrête pas là et fonde avec Michel Berger l'association Action Écoles, destinée à mobiliser les écoliers français contre la faim en Afrique.
Au début de l'année 1986, il accompagne le Paris-Dakar non pas en concurrent, mais pour suivre l'installation de pompes à eau.
Son action se poursuit aujourd'hui au Mali grâce à l'Association Daniel Balavoine
L'accident mortel [modifier]
Le soir du 14 janvier 1986 vers 17 h 30, Thierry Sabine et Daniel Balavoine doivent rejoindre le bivouac de Gourma-Rharous (Mali) pour poursuivre le déroulement de la course. Initialement c'est Jean-Luc Roy qui doit monter dans le futur cercueil volant; mais Sabine avait prévu d'organiser un baptême de l'air pour Daniel. L'hélicoptère décolle donc avec ses cinq passagers : respectivement Sabine, Balavoine, la journaliste Nathaly Odent, le technicien radio Jean-Paul Le Fur et un pilote expérimenté François-Xavier Bagnoud. Surpris par la nuit ils suivent le fleuve Niger (un repère plat et simple). Mais quelques minutes plus tard une tempête de sable survient. Ayant une visibilité quasi nulle, ils se posent à 21 kilomètres de Gourma. Sabine sort et croise un concurrent. Il lui demande de signaler leur position au bivouac et de réquisitionner une voiture afin de les ramener. L'affaire semble ainsi s'arranger. Puis pour une raison inexpliquée l'appareil redécolle, et, alors en l'air, décide de se référer aux feux arrières d'un autre concurrent. L'hélicoptère est très bas et suit de très près la voiture. C'est alors qu'à 8 kilomètres du bivouac et après des kilomètres de ligne droite, le véhicule roule alors sur une bosse étendue (à peine une dune). L'hélicoptère, surpris par le terrain montant, se pulvérise au sol. Il est un peu moins de 20 heures. Les 5 passagers meurent sur le coup.
Un mois après la catastrophe, il devait s'envoler pour l'Angleterre afin d'y fonder un groupe 100% anglophone dont les ambitions auraient été internationales. Il aurait bien évidemment poursuivit sa carrière française. D'ailleurs, un nouveau Palais des Sports était prévu en octobre 1986...
Attaché à faire suivre ses paroles et convictions par des actes, Daniel Balavoine perdit la vie en allant la défendre face à la famine au Mali. La France voit disparaitre l'un de ses monstres sacrés, devenu figure emblématique des années 80, au même titre que Coluche ou Serge Gainsbourg. Et après pas moins de 214 émissions télévisées, sans compter les spectacles, interventions radio ou reportages (dont un réalisé juste la veille de sa mort sur son action en Afrique), à la surprise générale ce sera le grand silence. Pour toujours.
Il repose au cimetière de Ranquine à Biarritz (Pyrénées Atlantiques).